Quand je suis arrivé à Djibo, il faisait 50 degrés à l’ombre. L’air que j’y respirais était chaud. Au Québec, nous parlons de tempêtes de neige l’hiver, mais à Djibo, le mois de mai est la période des harmattans, ces vents très forts d’environ 200 km à l’heure qui emportent tout sur leur passage. Le sable s’envole, les terres sont dénudées, le paysage est désolant. Quand je pense que la vie des gens dépend principalement de l’agriculture et de l’élevage, ce climat aride me fait comprendre pourquoi on parle de la pauvreté extrême dans le nord du Burkina Faso. Non seulement la terre est pauvre, mais cela demande beaucoup d’énergie pour travailler dans de telles conditions.
En plus de tout cela, la population de Djibo vit les répercussions de la guerre du Mali. Plus de 20 000 familles maliennes y sont exilées. Nous voyons à perte de vue des tentes du Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), tout ça dans une région fortement frappée par la famine. Ce n’est pas plus facile pour la population de Djibo qui n’a plus rien dans les greniers, alors que ces réfugiés reçoivent des ratios des organisations internationales.
Malgré toutes ces difficultés, les Burkinabés ne restent pas les bras croisés. Au contraire, ils luttent au quotidien pour améliorer leurs conditions de vie et s’adapter aux impacts des changements climatiques. Ils veulent à tout prix envoyer leurs enfants à l’école et leur assurer un avenir meilleur. Des organisations locales comme l’Association pour la protection de la nature au Sahel (APN), partenaire de L’ŒUVRE LÉGER et de la Fondation Howick, s’investissent au quotidien pour appuyer les écoles avec des projets de cantines scolaires qui nourrissent 1024 enfants de 3 écoles afin qu’ils aient un repas chaud à tous les dîners les jours d’école.
Les parents sont reconnaissants de cet appui. Pour Lompo Salifu, président de l’association des parents de l’école de Gargaboulé, l’éducation est à la base du développement et il ajoute : « si quelqu’un t’aide à te laver le dos, il faut que tu fasses tout pour te laver le ventre. » Les parents des enfants contribuent de leur mieux aux cantines scolaires.
Charles Muginareza
Gestionnaire des programmes Afrique



2 Commentaires
Quel beau témoignage. À part la chaleur, on s’y croirait presque. Merci de partager cette expérience !
Merci Charles, de nous communiquer le récit de ta mission au Burkina Faso. On parle de Cantine scolaire, (repas chaud aux écoliers le midi) Quel est le groupe d’âge des écoliers qui ont droit à la cantine scolaire?